Ce samedi 23 septembre, Blomet Grands Prés a eu l'immense privilège d'assister un entrainement de l'équipe "avenir" du BSG Boutigny Sporting Group'. Un projet encore secret au sein du pôle recherche et développement durable du club de football local, qui s'inscrit dans une logique bio dynamique sportive novatrice et quelque peu originale.

En exclusivité pour notre AMAP, le coach de l’équipe James Patrick O’tter, nous dévoile son ambition transitionnelle. Pour plus d’authenticité et par respect pour ses origines Irlandaises, nous avons retranscrit cet interview en conservant la petite pointe d’exotisme de son allocution.

Blomet Grands Prés : Merci de nous accueillir pendant cet entrainement. Et, plutôt que d’entrainement, je crois que vous préférez parler d’atelier pédagogique. La première question qui me vient à l’esprit : en quoi consiste la bio dynamique sportive et quels sont les enjeux pour le club, pour le football voire pour le sport en général ?

James Patrick O’tter : Well. Le premier enjeux qui a motivé ce projet c’est avant tout le bien être et le bonheur de nos joueurs, et ce, sur le long terme. Un footballeur en conventionnel prend en moyenne sa retraite vers l’âge de 35 ans. Ce qui est vraiment très beaucoup jeune. Nos experts en recherche et développement pensent qu’il est possible de repousser cette limite à un âge plus normal, si je puis dire, soit jusqu’à 60 ou 65 ans, mais surtout d’atteindre cet âge avec un coefficient bonheur et bien-être élevé. Aujourd’hui, grand nombre d’anciens joueurs finissent leur carrière – et parfois leur vie – prématurément à cause des intrants. En changeant de paradigme quant à la culture physique, et donc avec une logique plus naturelle qui respecte davantage l’homme nous allons non seulement optimiser les performances sportives du club sur le long terme mais aussi plus largement préserver l’environnement.

Blomet Grands Prés : Alors, en quoi consiste votre méthode ? Quels en sont les grands principes ?

James Patrick : Well, well, well. C’est super easy ! Notre leitmotiv c’est : un esprit beaucoup plus sein dans un corps totalement sein. Un principe qui semble banal mais qui implique de fortes remises en question sur le plan théorique comme sur le plan Patrick (…)

Blomet Grands Prés : (…) vous voulez dire sur le plan pratique ?

James Patrick O’tter : No, no ! Sur le plan Patrick, c’est comme ça que mes joueurs l’ont baptisé car c’est mon plan à moi que je l’ai inventé. Tout d’abord nous opérons sur un retour radical au cadre naturel. (James Patrick nous montre les joueurs s’épanouissant dans le prés). Comme vous le constatez, le terrain ne ressemble pas du tout terrain de foot habituel. Nous laissons le temps au végétal de pousser lui aussi à son rythme. Ce qui veut dire que les joueurs sont susceptibles de s’entrainer sur un terrain encore au stade boueux, avec une topologie et un dénivelé naturel alors que la pelouse n’a pas du tout commencer sa pousse. Et si ça se trouve ce n’est pas de la pelouse qui va pousser, je dirais que nous espérons même qu’il y pousse des légumes, ainsi nous pourrons également subvenir aux besoins nutritifs de l’équipe et du staff.

Blomet Grands Prés : Cela ne doit pas être facile de maîtriser le ballon sur un relief aussi improbable ?

James Patrick O’tter : Hell, no ! Mais en travaillant sur l’effet de symbiose avec l’élément, cette surface qui paraît chaotique, s’avère un booster cognitif incroyable pour le joueur. Ça duplique son agilité mais surtout sa poly-sensorialité : il ne joue plus seulement avec ses pieds mais avec son cerveau et tous ses sens. C’est pour cela d’ailleurs que nous refusons tout type intrant chimique pour la pelouse, même si nous savons que les joueurs ne la brouteront pas, nous voulons absolument éviter les perturbateurs endocriniens très beaucoup néfastes pour la vivacité des joueurs et encore plus pour l’équilibre de la planète.

Blomet Grands Prés : Est-ce que la morphologie atypique du terrain n’aurait pas une influence quant à votre stratégie sur le jeu même; je regarde le placement de vos joueurs et je ne reconnais pas du tout les schémas classiques comme le fameux 4-4-2 par exemple.

James Patrick O’tter : Totalement absolutely ! En fait nous avons remis l’esprit d’équipe au cœur de notre stratégie, en travaillant autant sur l’esprit que sur l’équipe à tel point que nous avons décidé de mettre tous les joueurs sur le terrain, y compris les remplaçants ; le mental et le moral des joueurs, c’est notre priorité. Quant à la tactique, un tel effectif nous permet d’adopter un nombre infini de configurations, notamment celle dite « à quatre pattes ».

Blomet Grands Prés : Mais oui; je trouvais que les joueurs évoluaient dans une posture un peu étrange, mais maintenant que vous le dites, cela me parait évident. Travailler sur le coefficient physique et sensoriel d’accord mais quid du coefficient intellectuel. Je ne voudrais pas vous contrarier mais les joueurs de foot sont souvent assimilés à des individus sous-cortiqués et ce n’est pas un hasard si leurs commentaires post match sont les clips les plus regardés sur les réseaux sociaux, juste après les petits chats !

James Patrick O’tter : Vous avez complètement raison. C’est pour cela que notre méthode est aussi fortement basée sur la cohésion de groupe, la confiance en soi et l’estime d’autrui. C’est pour cette raison que nous laissons toute liberté aux joueurs de pratiquer un foot total, c’est à dire en restant en contact total avec le vivant au sens total du terme. Ce qui explique que certains joueurs gardent avec eux leur doudou, certains aiment avoir leur animal de compagnie à leurs côtés, d’autres ne conçoivent pas de jouer un match sans leur maman – voire toute leur famille. Au sujet de leur diction, en plus du vecteur affectif, nous apportons un soin particulier à la maitrise de la grammaire et en particulier de la conjugaison. En effet, parce que nous avons un taux de mixité culturelle très élevé nous avons choisi un standard vocable également d’un niveau très élevé pour assurer une communication optimum au sein du groupe. Ainsi, toute l’équipe maîtrise parfaitement l’emploi du subjonctif. Le subjonctif induit un langage extrêmement soutenu qui favorise le facteur lyrique (c’est important le lyrisme autant dans le sport que dans les ressources humaines). Le facteur lyrique agit comme un filtre émotionnel sur l’excès d’affect émergeant spontanément dans le flow de l’action. Cela permet de tempérer le fond du discours par sa structure même et donc de renforcer le niveau de bienveillance et d’accroître ainsi le coefficient bien être de façon exponentielle.

Blomet Grands Prés : Ok pour la mixité culturelle et de genre mais qu’en est-il de la mixité « nationale » si je puis dire ? Beaucoup de clubs aujourd’hui s’assurent un très haut niveau de compétition grâce au recrutement de joueurs vedettes bien souvent étrangers.

James Patrick O’tter : Oui, indeed ! Là encore notre logique est basée sur du circuit court et local, nos joueurs sont de provenance exclusivement française, nous avons la chance de bénéficier d’un cheptel tellement riche de nuances ethniques dans notre pays ! Importer du joueur de l’étranger augmenterait fortement notre emprunte carbone. Et comme vous pouvez le constater pour être en cohérence avec cette volonté de transparence absolue, nous avons adopté un étiquetage des joueurs certifié iso2000.

Blomet Grands Prés : Vous disiez que votre approche est basée sur le respect de la temporalité de chacun et chaque élément, ne craignez vous pas que les sponsors ne vous soutiennent plus par peur d’un manque de retour sur investissement immédiat ?

James Patrick O’tter : Well, well, well, c’est une f**king good question ! Pour le moment c’est vrai que nous n’avons pas beaucoup de partenaires financiers mais il faut dire que notre projet est encore très confidentiel donc peu de sponsors connaissent notre équipe « avenir » expérimentale. Mais nous avons déjà le soutien d’un équipementier qui lui même profite de ce partenariat pour mettre au point de nouveaux maillots high tech. Je ne peux pas trop vous en dire car eux aussi ont leurs secrets de fabrication mais je sais qu’ils poussent très loin le respect du vivant en se refusant à tester leurs produits sur des animaux et pas même sur des humains, c’est tout juste s’ils n’ont pas mauvaise conscience de faire leurs tests qualité sur des pommes de terre…

Blomet Grands Prés : Notre interview touche à sa fin et je vous remercie encore pour votre accueil mais une dernière question me brûle les lèvres : votre projet semble si révolutionnaire dans le monde fooballistique, alors qu’est ce qui vous fait croire qu’il pourrait devenir le standard du football dans un futur plus ou moins proche ? Est-ce que votre coaching ne relève pas tout simplement d’un enthousiasme utopique ?

James Patrick O’tter : Well, gérer une équipe c’est pas easy du tout. Nous avons des objectifs de résultat pas faciles à atteindre, on est plein de bonne volonté mais on est toujours bousculé par le temps et pourtant il faut savoir écouter chaque joueur, comprendre chaque enjeux sur le terrain et garder la tête froide pour faire nos arbitrages parfois dans l’urgence… mais en basant notre approche du coaching sur une posture de respect d’un point de vue holistique… you see what I mean, yeah… nous sommes arrivés à la conclusion ultime que le plus du plus important finalement, c’est le collectif.

Le Collectif d’Organisation
Blomet Grands Prés